L’œil de Fénelon

Édition automne-hiver 2025-2026
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Interview avec Guillaume Garde, Champion de France U16 d’échecs

Édition automne-hiver • Auteur : David Bystrushkin

Portrait 
        de Guillaume Garde réfléchissant devant un échiquier pendant une partie

Notre champion en pleine réflexion dans une partie compliquée (photo par XXX)

Après la belle performance de l’équipe de Fénelon, classée 13e sur 25 au Championnat de France des collèges 2023-2024, les élèves brillent désormais en compétitions individuelles. Aujourd’hui, notre journaliste David rencontre Guillaume Garde, Champion de France U16 en 2025, tout juste rentré du Championnat d’Europe où il a terminé 25e sur plus de 100 participants, avec un score de 5,5/9.

David : Bonjour Guillaume, prêt pour l’interview ?

Guillaume : Oui, allons-y !

David : Pour commencer, peux-tu nous raconter comment tu as découvert les échecs ?

Guillaume : C’est mon père qui m’a appris à jouer, vers l’âge de quatre ans. On jouait ensemble à la maison. Ensuite, à six ans, j’ai eu des cours d’échecs à l’école avec Jean-Marc, qui a remarqué que je me débrouillais bien. Il m’a proposé de rejoindre le club Échiquier Clermontois Arverne à Clermont-Ferrand. J’y ai disputé mon premier Championnat de France, et l’année suivante, à sept ans, j’ai terminé cinquième chez les moins de huit ans. C’est là que tout a vraiment commencé.

David : Tu as ensuite intégré Fénelon ?

Guillaume : Pas tout de suite. J’ai d’abord joué au club de Clermont-Ferrand, puis à neuf ans, j’ai été recruté par l’Échiquier des Lions à Lyon, qui possède une équipe jeune très compétitive dans la division « Top Jeunes ». J’y suis resté deux ans avant de rejoindre le club de Corbas, toujours près de Lyon, où je joue encore aujourd’hui.

David : Entre tes débuts et ton titre de champion de France, il y a eu une longue progression. Peux-tu nous en parler ?

Guillaume : Oui, ça ne s’est pas fait en un jour. J’ai participé chaque année au Championnat de France, souvent en terminant autour de la septième place, mais sans jamais entrer dans le top 5… jusqu’à l’année dernière. J’ai continué à m’entraîner régulièrement, à suivre des cours, à jouer en club. Et en 2025, tout s’est bien passé : j’ai remporté le titre. Le niveau est très homogène, donc chaque point compte.

David : Combien d’heures consacres-tu aux échecs chaque semaine ?

Guillaume : J’ai environ cinq heures de cours du lundi au vendredi, auxquelles j’ajoute deux à trois heures d’entraînement personnel. Ça fait huit heures en semaine. Le week-end, je participe parfois à des tournois ou je m’entraîne en club, donc je dirais que je consacre en moyenne dix heures par semaine aux échecs.

David : Est-ce difficile de concilier ce niveau avec les études au lycée ?

Guillaume : Oui, surtout cette année en Terminale. Le programme est intense, et même si je suis accompagné par l’équipe de France, j’ai moins de temps pour m’entraîner individuellement. Je continue les cours, mais le volume d’entraînement a un peu diminué.

David : Quels sont tes objectifs pour la suite ?

Guillaume : J’ai participé aux Championnats d’Europe, ce qui m’a permis de découvrir l’équipe de France. J’aimerais être sélectionné à nouveau l’an prochain et obtenir un bon résultat au Championnat de France. J’ai récemment obtenu le titre de maître FIDE, et mon objectif est maintenant de devenir maître international.

David : Et pourquoi pas grand maître ?

Guillaume : C’est un objectif très ambitieux. Pour l’instant, je me concentre sur le titre de maître international. Grand maître, ce serait génial, mais je ne suis pas sûr d’y parvenir.

David : Tu envisages une carrière exclusivement dans les échecs, ou autre chose comme Firouzja ?

Guillaume : J’aimerais enseigner les échecs, mais je suis aussi passionné par les mathématiques. Je me vois bien devenir professeur de maths ou faire de la recherche.

David : Un conseil pour les débutants qui veulent progresser ?

Guillaume : Il est vrai que commencer tôt aide beaucoup. Devenir grand maître en commençant tard, c’est presque impossible. Mais on peut tout de même atteindre un bon niveau avec de l’entraînement. Si on commence avant dix ans, on a de bonnes chances. Même à quinze ans, avec de la régularité, on peut viser le titre de maître international, même si c’est plus difficile avec les études.

David : As-tu déjà participé aux Titled Tuesday sur Chess.com ?

Guillaume : Oui, une ou deux fois pendant les vacances d’été. J’ai fait environ cinq points sur onze. Ce n’est pas mon format préféré : la cadence est très rapide, et je tombe souvent au temps.

David : Pour les non-initiés, comment obtient-on les titres comme maître FIDE ou candidat maître ?

Guillaume : Tout repose sur le classement Elo, qui commence à 1400 points. Plus on bat de bons joueurs, plus on monte. Le champion du monde est autour de 2800. Pour être candidat maître, il faut atteindre 2200 points, et 2300 pour maître FIDE. Ensuite, maître international demande 2400 points plus des normes en tournoi, et grand maître, 2500 points et des normes également.

David : Donc pas besoin de normes pour les deux premiers titres ?

Guillaume : Exactement, seuls les titres à partir de maître international nécessitent des normes.

David : Merci Guillaume, et bonne chance pour l’Olympiade de chimie !

Guillaume : Merci beaucoup !

David : Merci pour ton temps et ton témoignage.